Gustave Miklos
1888 – 1967
Gustave Miklos est un sculpteur, peintre, émailleur et créateur d'objets d'art français d'origine hongroise, figure majeure de la sculpture moderne et de l'Art déco. Proche des cercles cubistes et des maîtres artisans d'avant-garde, il a su fondre la rigueur géométrique du cubisme, les réminiscences sacrées de l'art byzantin et l'hiératisme des arts premiers. Ses bronzes polis aux formes totémiques et ses créations d'exception pour le grand mécène Jacques Doucet ou l'éditeur François-Louis Schmied en font un jalon essentiel des arts plastiques et décoratifs de l'entre-deux-guerres.
Biographie
Arrivé à Paris en 1909 après des études aux Beaux-Arts de Budapest, il s'installe à La Ruche et fréquente les pionniers du cubisme, notamment son compatriote Joseph Csaky. Engagé dans la Légion étrangère durant la Première Guerre mondiale, son affectation sur le front d'Orient (Macédoine, Thessalonique) marque profondément son imaginaire par la découverte des icônes, des orfèvreries et des mosaïques byzantines.
Naturalisé français en 1922, il devient l'un des artistes emblématiques de l'hôtel particulier du couturier et collectionneur Jacques Doucet à Neuilly. Il y crée des meubles précieux, des chenets, des luminaires et des tapis, collaborant avec le laqueur Jean Dunand et les décorateurs Pierre Legrain et Marcel Coard.
Dans les années 1920 et 1930, il affirme un langage sculptural singulier où le cubisme s'associe à l'archéologie et aux arts d'Afrique et des Cyclades. Ses pièces en bronze à patine brune ou doré poli, aux arêtes vives et aux volumes stylisés en formes d'idoles incarnent la quintessence de la sculpture Art déco la plus audacieuse.
Collaborateur majeur de l'illustrateur et imprimeur François-Louis Schmied pour lequel il réalise des projets de reliures et de bois gravés, il quitte Paris en 1940 pour s'établir à Oyonnax. Il y enseigne le dessin et le modelage à l'école pratique, apportant son sens de la forme à l'industrie locale des matières plastiques, tout en poursuivant une œuvre plastique exigeante jusqu'à sa mort en 1967.
« Gustave Miklos a su conférer au bronze la sainteté hiératique de l'icône byzantine et la pureté tranchante du cubisme, créant de véritables idoles de la modernité. »